Berlin: bilan de 2 ans de vie d’expat dans la capitale allemande.

photos berlin automne 2013

En Septembre 2013, je disais bye bye à ma vie londonienne pour m’installer à Berlin. J’étais dégoûtée de l’Angleterre et j’avais besoin de me retrouver; de retrouver une vie sociale digne d’une jeune femme de 24 ans. Je voulais être heureuse et retrouver le sourire.

En arrivant à Berlin, je n’avais qu’un objectif: m’épanouir.

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Capture d’écran de mon Tumblr sur la vie à Berlin

22 mois plus tard, le bilan…

Et bah mon cochon ! Tout ce qui m’est arrivé fut complètement à l’opposé de mes attentes ! Je n’ai eu que des problèmes, des emmerdes… Je n’ai clairement pas été épargnée ! Au travail, à la recherche d’un logement, des arnaques avec les forfaits internet et mobile, des problèmes de santé à l’administration tordue, des problèmes d’argent… Rien ne s’est passé comme prévu !
L’année dernière déjà, je vous parlais du bilan de ma première année à Berlin. Celle-ci fut la plus dure pour moi. Très dure. La deuxième fut un peu mieux, plus aucun problème à l’horizon, forcément, je me suis bien battue pour régler tout ça… Toutefois,  je n’ai cessé d’être déçue…

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Ma vie professionnelle: le domaine du web, de l’internet, du digital.

Il faut avouer qu’avec une première expérience à Londres qui fut particulièrement enrichissante, le risque d’être déçue par la suite était grand. Et ça n’a pas loupé… !

Si aujourd’hui je décide de quitter Berlin et l’Allemagne, c’est surtout que je ne m’y retrouve pas du tout dans le marché de l’emploi et le monde du travail. On m’avait annoncé Berlin comme étant la Silicon Valley européenne et le nombre de start-ups et incubateurs était si grand, que j’y ai cru volontiers.

Mon amie allemande qui m’a accueilli m’avait assuré que je n’aurai pas de problème à trouver du travail à Berlin, même sans parler allemand… Du coup, je me sens dans le devoir de mettre au clair tout ces gros mythos car très honnêtement, Berlin c’est comme les produits Apple: overrated !

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Sur le marché de l’emploi, ce sont surtout les offres de Developper web que vous trouverez et pour le coup, oui en ça Berlin est la nouvelle Silicon Valley. Toutefois, si vous n’êtes pas Developper ou ne touchez pas un peu au code, hélas, vous n’irez pas très loin.

Sinon, il vous sera très facile de trouver des stages dans à peu près tous les domaines, surtout le web-marketing. Les stages, ça, il y en a ! J’ai vu des offres hallucinantes comme « Country manager FR » et quelques autres jobs à (plus ou moins) haute responsabilité proposés comme stage.

Dans un entretien d’emploi traditionnel, on demande souvent à l’employé ce qu’il pense apporter à l’entreprise. Parmi les très nombreux entretiens que j’ai passé, on ne me l’a jamais demandé. Simplement parce que tout ce que j’ai eu à apporter c’était du travail, ni plus ni moins. Surtout pas plus ! Mieux vaut rester à son poste et ne pas en faire plus, on ne t’a rien demandé… On m’a littéralement répondu cela.

Après avoir discuté avec énormément de personnes ici sur la question, le constat est simple: nous ne sommes plus des individus mais juste du « bétail » pour l’entreprise. Pas vraiment de considération pour l’employé, encore moins s’il est étranger. Dans mon premier bilan je vous parlais de racisme et xénophobie et j’en parlerai encore ici. En tant qu’étranger, il ne faut pas se leurrer, encore plus si vous faites parties des « minorités visibles ». Là où j’ai été, que ça soit pour le travail ou simplement des entretiens, je n’ai pas vu de « minorités visibles ». Vous trouvez que je pousse le bouchon trop loin ? Français berlinois, faites le bilan autour de vous. Constat glaçant…

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En discutant avec beaucoup de personnes, on m’a confirmé qu’à Berlin, trouver un bon travail, c’est dur (ou impossible). Même mon médecin me l’a dit. Les employés sont traités comme des machines plus que des individus avec des aptitudes particulières à chacun. Du coup, c’est presque normal d’abuser des candidats au point que plus personne ne s’en cache.

C’est du vécu: Une start-up m’a demandé de travailler gratuitement quelques heures par semaine après mon job (de 40h semaine) pendant un mois et voir ce que je vaux. Suite à cela, ils pourront se prononcer sur mon recrutement ou non…

Un ami (profil école de commerce + 2 ans d’experience à l’étranger) avait postulé à une super offre de project manager web qui est, lors de l’entretien, devenu une offre de stage à 500 euros par mois car, voyez vous, les investisseurs préfèrent prendre les gens en stage, ça leur coûte moins cher et c’est plus rentable.

Cas classique: une startup (qui ressemble plus à une PME) voit les choses en grand après le succès de son site en Allemagne et décide se de lancer à l’international: grands fous, ils recrutent plein de jeunes motivés de divers nationalités pour lancer un nouveau site; hélas, faut de moyens techniques et/ou financiers, on vire tout le monde 2 mois plus tard.

La misère, la précarité, c’est surtout ça la réalité du travail à Berlin. Si vous ne parlez pas allemand, vous n’êtes que de la main d’oeuvre, juste bon à faire le travail. Vous aurez bien entendu votre salaire (de misère) à la fin, peut-être par chance vous aurez acquis des connaissances, surtout sil s’agit de vos premières expériences professionnelles mais si vous êtes déjà intermédiaire ou senior dans votre domaine… Hum… N’espérez pas y voir un eldorado à Berlin !

Je n’ai travaillé que dans ce secteur d’activité et mes fréquentations sont toutes plus ou moins dans ce domaine, ce qui me permet d’avoir une vue assez précise du sujet. Pour le reste, je ne sais pas… En revanche, toutes les personnes qui avaient le même profil que moi n’ont pas fait long feu ici et sont déjà reparties ailleurs… Question carrière professionnelle, c’est râpé.

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C’est sûr, Berlin est attirante et même après deux ans de déception professionnelle, je recommanderai à tout le monde de tenter sa chance. Cela reste une expérience de vie mais surtout parce que vous pouvez aussi trouver quelque chose qui vous plaise vraiment ! Peut-être aussi qu’un job sympatoche sans trop de pression vous plaise, auquel cas, vous vous plairez très certainement ici ! J’ai aussi rencontré plusieurs personnes qui ne semblaient pas très malheureuses dans ces conditions. A chacun ses attentes professionnelles.

J’avais lu de nombreux articles de personnes qui ont quitté Berlin car ce n’est pas une ville pour les jeunes ambitieux et qui en veulent. Et pourtant, j’ai tout donné ! Vous me connaissez… Mais là, c’est une bataille à laquelle je renonce car clairement, je n’ai rien à gagner ici. Pas même un salaire intéressant. En vrai, mon salaire est en constante décroissance depuis mon départ de Londres ! Allez, je ne me plains pas plus car en vrai, même si je gagne moins, cela me suffit totalement pour vivre et voyager !
Enfin… ce billet ce joint à cette longue liste des déçus de la vie professionnelle berlinoise.

 

« Fermez quelques portes aujourd’hui. Non par fierté, incapacité ou arrogance mais simplement parce qu’elles ne mènent nulle part. »

Paulo Coelho

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La mode: was ist das ?
On critique beaucoup ce qui se passe outre-Manche mais personne ne semble alerté par le terrible manque de culture mode en Allemagne ! Bien que je n’ai jamais (ou très rarement) vu l’horrible combinaison sandales-chaussettes, ce n’est quand même pas très folichon. La mode ici est passée puis est repartie aussitôt.

J’ai d’ailleurs écrit un long article le mois dernier qui explique pourquoi la mode est aussi inintéressante dans la capitale allemande et le reste du pays… Mais pour faire court ici, à part quelques hipsters dans l’est berlinois, c’est la mort.

Street style Berlin

Street style Berlin:  tout en noir et en basket ou bottines.

Le laisser-aller, le normcore, le “pas-envie-aujourd’hui”, les “jours-sans” mais toute l année, si bien qu’avec si peu de stimulation visuelle, on tombe aussi dans le piège. Combien de fois je me suis surprise dans les miroirs de la ville a être habillée comme un sac, genre, j’ai plus envie de faire d’effort: pas coiffé, pas de maquillage, pull, jean-basket. Je précise que les chaussettes sont polaires et que je ne mettais pas non plus de crème hydratante sur le corps. Cela dit, le matin c’était rapide: douche, brossage des dents, crème hydratante visage et élastique dans les cheveux. L’été ? l’épilation est devenue une préoccupation moindre, je le faisais quand ça devenait vraiment limite. Je suis brune, imaginez… Et l’hiver ? #LOL.

Il m’est aussi arrivé plusieurs fois de me faire interpeller par des mendiantes pensant que j’étais leur paire, quand le dimanche matin, je sortais faire ma lessive avec un gros sac Ikea, pas coiffé, en baggi et bottines sombres. Surtout que cet hiver, je portais une parka imprimé camouflage. Le laisser-aller dans son plus grand art ! On m’avait prévenu, l’hiver il fait froid, on privilégie le confort. Ah bah ça… C’est sûr que je n’étais pas mal à l’aise !

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Niveau boutique, c’est assez triste, à part Primark, mon éternel lover et la boutique Ma garde robe pour la mode française à petit prix, je pleurs. D’un autre coté, j’ai sacrément ralenti ma consommation en fringue et tant mieux, d’une pour la planète (ne plus cautionner les conditions de travail dans les usines de textiles en Asie) et d’autre part, pour faire des économies et voyager plus ! Ici la mode est surtout un produit de consommation et pas un style de vie comme en France. On s’habille et se pouponne pour un plaisir personnel, pour se sentir bien, exprimer une émotion etc. Ici, c’est clairement par nécessité.

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Arriver à Berlin quand tu es une expat’ française tout droit venue de Londres.

Enfin, c’est là que mes critiques sur mon expatriation berlinoise s’arrêtent. Si à Londres, j’étais arrivé à un point où je détestais tout, je quitte Berlin avec un léger pincement au coeur car cette ville a beaucoup à offrir…

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Bien que ma vie professionnelle fut sincèrement décevante ici, je ne regrette pas mes deux années de vie à Berlin ! J’ai quitté Londres car je voulais avoir une vie sociale, quoi de plus normale pour une jeune femme de 24 ans ? Et c’est précisément ce que j’ai eu ici ! Dès mon arrivée à Berlin, j’ai rencontré des personnes géniales, aux personnalités différentes de la mienne, aux passions et expériences nouvelles. C’était rafraîchissant, je découvrais la ville à travers ces personnes que je n’aurais probablement jamais eu l’occasion de rencontrer dans une autre vie, une autre ville.

Grâce à mon blog, j’ai vite rencontré du monde et créer un réseau social. Et pour ça, je ne pourrais jamais regretter mon temps ici ! En arrivant, je me rappelle m’être dit que je voulais une vie sociale, apprendre l’allemand et tant pis si je n’ai pas un travail super. Bon… maintenant je sais que je dois faire plus attention à mes souhaits car, si si ! c’est important pour moi un travail qui me plaise.

Look skater girl printemps

Tempelhofer Feld – mon havre de paix

Avec les allemands, les berlinois, c’est un autre sujet: avec l’histoire de la ville et du pays, je me suis heurté à un réel choc des cultures. Mon arme sociale principale c’est l’humour et clairement, les allemands et moi on ne se comprend pas. J’ai rencontré beaucoup de personnes allemandes mais je ne me suis liée d’amitié qu’avec deux allemands: mon amie Lena qui a fait pas mal de photos pour ce blog et un adorable jeune homme, si vous voyez ce que je veux dire.

Je ne vous raconte pas le nombre de bide que j’ai fait en voulant briser la glace en balançant une petite blague. Silence de mort, regards perdus, sourires gênés et moi qui cherche du regard quelqu’un qui me comprend…

J’ai rencontré ici plusieurs français qui maîtrisaient l’allemand parfaitement et dont l’activité préféré était de décoincer les allemands avec une petite blagounette. Et ça marchait !

Je n’ai rien contre les allemands et effectivement, l’intégration a été dure mais surtout infructueuse. On m’a fait la réflection: nous les expat’s, on s’ouvre très facilement aux personnes mais pour les allemands, nous sommes  juste de passage et ils n’ont pas besoin de nous dans leur vie, ils ont déjà leur cercle social…

Bon, bah tant pis !

Photos Berlin Avril 2015
Le style de vie: un esprit sain dans un corps sain.

J’aime aussi le style de vie ici. Si j’avais eu un travail qui me plaisait…. Je serai encore restée quelques années, surtout que je commence à peine à parler la langue. A peine… Il faut dire qu’avec mes déboires professionnels, administratifs et de santé, je n’ai eu ni le temps, ni l’argent, ni la force de me lancer corps et âme dans l’apprentissage de langue de Goethe.

Mais j’aime la vie ici: j’adore mon appart à moi toute seule, mon quartier. J’adore pouvoir flâner à Tempelhof, me promener au bord de la Spree, me perdre dans une fête foraine. J’aime parcourir la ville et tous ses quartiers pour déguster un bon burger ou un bon brunch. J’ai même établi des listes des meilleurs cafés où aller… Ma carte Google des cafés et restaurants où je suis allée n’est pas maigre et j’apprécie pleinement de pouvoir profiter de tout cela à petit prix ! Quand je vois un plat sur le menu au dessus de 10 euros, je trouve ça cher… Aïe, le retour en France va faire mal !

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J’apprécie aussi l’importance et le respect pour les régimes alimentaires végétarien, végétalien, les allergies au gluten et compagnie. Ici, c’est rare de ne pas trouver des menus avec options pour les végétariens et pas mal de cafés se sont spécialisés sur les deux autres régimes. Je ne suis pas végétarienne mais j’achète si peu de viande ni de poisson, principalement parce que je ne sais pas ce que je mange. Je réduis autant que je peux ma consommation de produit industriel car une fois de plus, je sais pas ce qu’il y a dedans… Je cuisine beaucoup plus et devinez quoi ? Tous mes problèmes de santé que j’ai commencé à avoir en Angleterre ont disparu !

Je cuisine aussi quasiment tous les jours, ce qui, en plus d’être bon pour ma santé et mon moral, est aussi très bon pour mon portefeuille !

Je me plaignais de l’alimentation en Angleterre, que ça n’avait pas de goût, sauf évidement, dans les restaurants (encore heureux…) En Allemagne, je ne suis pas totalement satisfaite mais je ne m’en plaindrais pas, on a quand même de bons produits locaux :).

Ce que j’aime aussi à Berlin, ce sont les chiens ! Il y en a partout ! Ils sont bien dressés, se promènent sans laisse, attendent sagement sans laisse devant les portes des supermarchés que les patrons en ressortent… J’adore la présence d’animaux autour de moi, ils apportent une superbe énergie. Commencer la journée avec un petit chien qui te fait les yeux doux, ça réchauffe le coeur !

Dans un café, le chien du propriétaire s'assoit à côté de moi pour manger son os.

Dans un café, le chien du propriétaire s’assoit à côté de moi pour manger son os.

J’aime aussi la ville pour son histoire et c’est en visitant chaque quartier grâce au livre “L’autre guide Berlin” que j’ai vraiment commencé à aimer la ville !

Je ne me lasse pas de la faire visiter à mes amis, j’ai même établi un parcours spécial sur plusieurs thématiques: l’histoire du mur, la Stasie, les marchés de Noël, les spécialités culinaires locales etc… Je me rends compte surtout que j’en sais déjà beaucoup et que j’en redemande encore. Je pourrais être guide et je serai parfaitement épanouie dans mon job. Cette ville est incroyable, elle ne cesse d’en révéler sur elle-même. En même temps, il y beaucoup d’histoire sur son compte…

J’ai adoré découvrir le street-art à Berlin: certains quartiers sont littéralement des musées à ciel ouvert tant les graffitis et messages, affiches s’imposent sur toutes les façades d’immeubles et portes d’entrées. J’ai même commencé un site qui expose toutes les photos de représentation de l’amour. Si on annonce cette dernière inexistante à Berlin, le nombre de déclaration d’amour à travers l’art de rue prouve le contraire !

J’ai même pris le plaisir de passer certaines de mes pauses déjeuner à traîner dans les rues à l’affût de nouveautés street-art. Qu’importe ma prochaine destination, j’espère que je pourrais retrouver cela !

Photos Berlin Février 2015
En somme, mon expérience berlinoise est très mitigée: j’aime mon style de vie mais j’ai été tellement déçu professionnellement que j’ai du mal à voir les choses positivement.

En quittant Londres pour Berlin, je comparais ces deux villes à des femmes: Londres, une starlette bling bling genre Kate Moss, magnifique, attirante mais difficile à suivre et Berlin, la Girl Next Door, une fille simple avec qui on n’a pas besoin d’en faire trop. Et c’est totalement ça ! J’adore Berlin mais c’est une ville à deux facettes: le style de vie à la cool et la précarité du monde du travail. La ville qui va t’avaler ton âme et te pourrir le moral mais à la fois te faire te sentir si bien, si épanouie.

Berlin, un peu bi-polaire sur les bords…

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Honnêtement, ces dernières années ont été pas mal éprouvantes: je travaille depuis mes 21 ans, à l’étranger avec des vacances et des périodes sans emploi qui n’ont pas été au delà de 3 semaines. Tout ça pour au final gagner trois clopinettes, payer les factures, profiter de quelques voyages mais au final, tout ça me bousille la santé.

Et c’est la 2e raison de mon départ. J’ai besoin d’une pause. Une longue pause sans réfléchir, sans avoir à me soucier de quoi que ce soit. J’en ai grand besoin, surtout aussi pour remettre les choses à leur place, savoir ce que je veux vraiment car après ces deux années de déception à m’en briser en mille morceaux pour convenir à leur standart, j’ai plus que jamais envie de travailler pour moi et non pas pour des types qui veulent juste se faire de la maille grâce à mon travail. Ça va bien aller maintenant…

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Rentrer en France: à reculons, incognito, sans intention d’y rester.

Oh dieu, je n’en ai pas envie ! Après autant de temps à l’étranger, rentrer en France me fait tellement peur. Les français sont presque des étrangers pour moi. Ils l’étaient quand je suis partie car je ne m’y retrouvais pas et en suivant de loin l’actualité, je ne pense pas me retrouver dans les mentalités… Quand j’écoute les histoires de mes amis qui vivent toujours là-bas et ceux de mes amis expatriés qui sont rentré au pays, j’ai peur, sincèrement.

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Mais j’ai besoin de rentrer auprès de ma famille, de rester enfermée dans ma chambre, à dormir, manger et pouvoir reprendre du poids. Malgré le nombre incroyable de burger, pizzas, beignets, brunchs et glaces que j’ai pu manger, j’ai perdu presque 10kg et je peine à remonter au dessus de la barre des 50kg… J’ai consulté plusieurs médecins pendant ces deux ans, un français, une allemande et un bulgare, aucun n’aura eu l’idée de me faire une prise de sang ni même de vérifier ma tension. « C’est le stress » disent-ils.

Alors j’ai envie de tout arrêter et prendre soin de moi. J’ai tout donné à Berlin, j’ai pris sur moi, littéralement, si bien qu’il ne me reste plus grand chose sur les os. Je n’ai donc pas trop l’intention de reprendre une vie active en rentrant dans ma famille en Bretagne.

Profiter de la mer, voir quelques amis qui sont encore dans le coin et c’est tout !

R.E.P.O.S.

Je n’ai pas envie de rester longtemps en France. Pour les mêmes raisons qui m’ont poussé à partir il y a 4 ans et demi. Toutefois, je ne retournerai clairement pas à Londres, Berlin n’a rien à m’offrir, alors ?

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En attendant, merci Berlin pour tout, bien que tu n’aies pas été très tendre avec moi… Tu m’as toujours fait comprendre que je n’étais pas la bienvenue chez toi, c’était même très clair depuis le début mais vois-tu, je suis têtue et je ne lâche pas l’affaire si facilement !

Merci pour les bonnes comme les mauvaises expériences, je ne peux m’en sortir que plus forte ! Peut-être que je reviendrai un jour mais pas pour y travailler à priori…
Qui sait ?

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Ce qui va me manquer à Berlin:

  • Les cafés, leurs bons gâteaux et brunchs.
  • Les chiens partout !
  • Les parcs où on peut faire une belle pause.
  • La bonne bouff bio, veggie, vegan, glutenfree etc…
  • Les boissons Made in Germany bio, vegan et saines pour la santé, du soda comme de la bière !
  • Les bons bretzels aux graines de tournesol séchées de chez Ditsch.
  • Le métro de nuit le week-end !
  • Le Street-art !
  • Ne plus parler allemand et donc voir s’éloigner le rêve de pouvoir parler cette langue couramment.
  • La currywurst et la bratwurst, oui oui !
  • Les belles balades dans les espaces nature de la ville.

 

Jardins du monde Berlin visite

Ce qui ne va vraiment pas me manquer à Berlin:

  • Les gens qui n’avancent à rien dans la rue et qui en plus prennent toute la place.
  • Leur air bougon et leur froideur: Je me suis déjà fait engueuler pour avoir oublier de mettre un séparateur sur le tapis de caisse entre mes courses et celle de ma voisine au Aldi. (Et j’ai pas fait la maligne.)
  • L’administration allemande.
  • Mon voisin du dessus: DJ techno qui révise ses mix les soirs de semaine entre 20h et 4h du matin.
  • Les looks improbables des hipsters.
  • Les offres d’emplois bidons et les titres de jobs qui sur-vendent le truc.
  • Leur gros problème de communication
  • Les mentalités étriquées au travail…
  • Leur retard dans le digital
  • Le racisme et la xénophobie ambiante… (Je n’aurai jamais pensé un jour vivre ça…)
  • Attendre bêtement au feu rouge du passage piétons même sil n’y a pas de voiture.
  • Ne plus à être forcée de payer la redevance télé même si je n’ai pas de télé ni radio.

 

Photos Berlin

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