[Interview] Anthony Courdier: étudiant en école de mode

Suite au récit d’Anthony Courdier, je lui ai posé quelques questions sur son parcours dans la mode. Il a gentiment accepté de nous en dire plus !

Quel est ton parcours ? / Qu’a tu fais avant ton BTS ?

Après un cursus scolaire commun jusqu’à ma 3e, je me suis ensuite orienté vers un BEP Métiers de la Mode (que j’ai obtenu), puis vers un Bac Professionnel Métiers de la Mode, option vêtement (que j’ai obtenu également). Ensuite mon dossier a été reçu en BTS Métiers de la Mode, option Modéliste.

 

Penses-tu que c’est une bonne formation?

Je pense que c’est une bonne formation, si l’on vise un poste dans un bureau d’étude d’une grande enseigne industrielle (telle que Zara, ou même côté lac.. etc.) Si on contraire, on vise la haute couture, alors ce ne sera pas suffisant.

Quelle est la différence avec une école de mode du genre ESMOD ?

Je ne connais pas vraiment le programme scolaire d’ESMOD,  mais ce qu’il faut comprendre c’est que ESMOD forme ses élèves à devenir créateur de mode, alors que mon BTS, nous forme plutôt à interpréter les croquis du styliste, puis ensuite de réaliser une prototype de base pour envoyer le modèle en fabrication. Même si nos enseignantes se démènent pour nous faire participer à des projets créatifs comme le salon de la mariée par exemple.

 

Quels sont les objectifs de ce diplôme ?

Les objectifs sont :

  • Savoir réaliser un prototype dans des délais courts.

  • Créer les patrons des vêtements à l’aide de logiciels informatiques spécialisés.

  • Créer le vêtement en 3D et savoir utiliser le logiciel spécialisé.

Est-ce difficile d’y rentrer ?

Pas vraiment, sa situation géographique n’en fait pas un établissement très prisé, même si il est vrai qu’il y’a par promo environ une centaine de demandes pour une vingtaine de places.

Quels sont tes conseils pour les personnes qui veulent faire ces études ?

Mon premier conseil serait de se préparer à travailler 50% chez soi. Aussi il est très important de savoir faire la différence entre études de mode et de couture. J’ai moi-même été déçu de n’avoir pas su faire la différence.

Quelles sont les opportunités suite à ces 2 ans d’étude ?

Les opportunités professionnelles sont rares, il est préférable de poursuivre dans une License.

 

Avais-tu de l’expérience dans la mode avant ce BTS ?

Les stages que j’avais effectué m’avaient apportés certaines connaissances du monde de la création et de la mode. Mais rien de vraiment concret.

As-tu des expériences dans la mode en parallèle de tes études ?

L’année dernière j’ai travaillé tout les Week-ends pour un magasin de robes de mariées. Cela m’a permis de participer à différent salon européen des mariages, en tant qu’exposant mais aussi en tant qu’acheteurs. Ce fut très enrichissant.

D’ou te vient cette passion pour la mode?

Et bien, dès la troisième en fait. Avant je voulais être archéologue, un rêve de petit garçon. Il est vrai que  j’ai grandis entouré de filles, qui ont toujours fait attention à leurs apparences, mais la mode ne m’avait jamais attiré autant que ça. Et puis je l’avoue rarement mais c’est tout bêtement une série télévisé qui m’a donné envie d’en savoir plus sur la mode, et je suis comment dire ; tomber amoureux de ce monde.

Mais surtout, ce plaisir de créer, la couture ?

Et bien, pour être honnête, moi je voulais devenir styliste, mais ma conseillère d’orientation m’a orienté vers une filière professionnelle basée sur la couture. J’ai appris à aimer créer un vêtement, mais ce n’était pas mon objectif premier.

Ton blog de mode a t-il eu un impact dans ton choix de poursuivre tes études dans la mode?

Non, car je l’ai créé après. Etudier la couture et la mode, m’a donné envie de partager et de donner mon point de vue. Mais en BTS, j’ai du mal à trouver du temps pour vraiment faire vivre mon blog. Mais j’y travail.

Qu’est ce que tu préfères créer ?

J’adore créer des vêtements pour femme. J’aime l’élégance et le raffinement à la Chanel, avec une goutte de modernité à la Proenza Schouler, et avec ce zeste sexy, propre à Versace.

Crées-tu des vêtements pour toi même ?

Non jamais. Je trouve cette sensation horrible. Je vois tout les défauts du vêtement. J’ai beaucoup de mal avec ça.

Crées-tu des vêtements ou accessoires pour des amis ou proches ?

Oui parfois. Récemment j’ai créé une robe de soirée pour ma mère. Mais mon temps libre a tellement réduit que je n’ai plus vraiment le temps.

Crées-tu sur commande?!

Je ne l’ai jamais fait. Dans le futur peut-être. Mais je ne me sent pas tout a fait près à assumer les contraintes de temps pour l’instant.

Cette année tu as crée une robe de mariée originale mais dans quoi aimerais-tu te spécialiser ?  

Et bien c’est là qu’est tout mon problème. J’hésite à me réorienté vers le journalisme de mode. J’aime créer des vêtements mais je ne me projette pas faire ça toute ma vie. Mais si le déclic survient, je pense qu’il me plairait de créer des vêtements de prêt-à-porter haut de gamme, ou bien d’être designer pour une grande enseigne de prêt-à-porter.

 

Tu dis dans ton article que tu aimes travailler à la dernière minute, n’est-ce pas le trait de caractère de très nombreux couturiers/designers ?

Peut être. Mais je crois qu’eux n’ont pas vraiment le choix.

 

On imagine la mode comme un monde fermé, malsain et très compétitif (comme dans le diable s’habille en Prada). Quel est ton point de vu ?

Je pense qu’effectivement la mode est un univers très spécial. Il faut être au top physiquement ou populairement pour exister. La compétitivité est omniprésente certes, mais c’est ça qui fait son charme. La mode ne serait pas la mode s’il n’y avait pas de garces et de coups de couteau dans le dos. Je pense que pour travailler dans la mode, il faut être un peu masochiste.

Quelle est l’ambiance dans ta promo ?

L’ambiance est plutôt bonne. Je dirais même courtoise. Cependant je ressens parfois un peu de compétition entre nous, surtout pendant les projets créations.

Tu es un homme dans une formation de mode et stylisme. Combien de garçons êtes-vous dans ta promo?

Je suis le seul garçon de ma promo, mais ça me convient plutôt bien.

Les garçons sont-ils bien acceptés ?

Oui vraiment, parfois je dois faire un peu l’arbitre. Mais je me suis toujours senti à ma place.

Perçois-tu la même compétition de la part des autres filles ?

Certaines oui, mais de la compétition constructive je dirais. J’ai un tempérament assez compétiteur parfois moi aussi, mais cela reste dans la limite du raisonnable. Jamais de robes n’on étés déchirées par jalousie ou lacérées de coups de ciseau par exemple.

Quels sont tes projets personnels après ce BTS ?

Mes parents résident près de la frontière suisse, alors j’aimerais trouver un travail en suisse, afin d’économiser le plus possible, pour ensuite me payer une école réputée de journalisme ou de mode.

 

La présentation de ta robe semble avoir été un grand succès ! Félicitations, offres de stages, d’achat et de futures commandes. Que réponds-tu à ce genre d’offre ?

Généralement je donne mes coordonnées. Toutes les propositions méritent que je m’y attarde. Sauf aux propositions d’achat. Je refuse catégoriquement de la vendre.

 

Que penses-tu de l’avenir de la mode pour des jeunes comme toi ?

Je ne sais pas, le domaine est bouché, il faut vraiment faire ses preuves pour mettre un pied dans les hautes sphères.

Il y a t-il de la place pour tout le monde ?

Non bien sur que non, il y a très peu d’élu pour tellement de demande. C’est parfois extrêmement motivant comme complètement horripilant.

Quels sont les débouchés ?

Rare. Je ne sais pas quoi dire d’autre. Peu arrive à aller au bout de leurs rêves. Certains y arrivent parfois. Ce n’est pas complètement perdu, mais il faut avoir un maximum d’atouts en main.

Dans quels secteurs retrouve t-on les diplômés de mode et stylisme ?

Parfois certains se retrouve dans des usines de fabrication de vêtement, certains on même de très bonne place. D’autre préfère se réorienté dans la coiffure, l’esthétisme ou même la communication.

Les pays étrangers attirent-ils les jeunes comme toi ?

Extrêmement, on donne tellement peu de chance aux jeunes en France que partir est parfois une très bonne idée.

Tu parles de mauvaises langues dans ton article. T’a t-on empêché de faire ces études ? Tes choix ont-ils toujours été supportés ?

 Non, ma famille m’a toujours soutenu, même si cela à été un peu difficile pour mon père. Mais les mauvaises langues sont surtout des camarades, qui ne m’ont jamais cru capable de réaliser quelque chose seul, et qui plairait autant.

 

Pourquoi, a t-on avis, certaines personnes ont été dires des choses sur toi? (ces mauvaises langues en question)

Par compétition et un peu par jalousie sûrement. Tout ça, vient d’un concours que j’ai remporté. Les journaux régionaux en ont parlés, et la camarade que j’avais choisis pour m’aider à coudre à été beaucoup moins mis en avant que moi, logique me direz vous, car c’était ma création à la base. Mais tout cela à été mal supporter.

 

Est-ce une généralité de faire face à des détracteurs dans ce milieu ?

Non, je ne pense pas, si on tombe sur une personne qui croient en nous, alors cela pour nous pousser très haut. Mais tout le monde n’est pas aussi bien attentionné. Je dirais que dans ce monde, il faut être très vigilant avant d’accorder sa confiance à n’importe qui.

Comment réagir dans ce genre de situation ?

Il faut faire face. Ne jamais se laisser faire. La mode c’est un combat de gladiateur, à celui qui mourra en premier. Cela peut paraitre cru mais dans certaines conditions, il faut savoir être dur.

Bonus

A quand ta première collection?!

Je ne peux pas répondre à cette question mais si je me laisse rêver un peu, alors je dirais : Quand je serais rédacteur en chef de Vogue Paris, vous pourrez peut être acheté ma collection capsule chez H&M !

Après tout pourquoi pas !

 

Dernier commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *