[Interview] Pauline, étudiante française à ESMOD Berlin

Dans la quête de ma compréhension de l’environnement mode de Berlin, j’ai rencontré Pauline, une étudiante française venue s’installer depuis 1 an et demi dans la capitale allemande.

La jeune femme de 21 ans étudie le modelisme et stylisme à l’école ESMOD de Berlin. Cette école à dimension internationale est présente dans 5 villes françaises, un peu partout en Europe, en Afrique du Nord, en Asie, au Moyen-Orient et au Brésil.

Ce que les étudiants ne savent pas, c’est qu’une fois un pied à ESMOD, il est possible de finir son cursus dans une autre antenne du groupe. C’est précisément l’origine de Pauline à Berlin.

Enfin peut-être pas uniquement: Pauline à la double nationalité ! D’une maman allemande et d’un papa français, elle grandit dans la région parisienne mais ses vacances sont ponctuées de séjour à Berlin, ville qu’elle affectionne particulièrement.

Une fois sa première année à ESMOD Paris finie, elle parvient à s’installer à Berlin pour poursuivre sa licence. Aujourd’hui, elle est en train de finir sa 3eme année qui se clôt par la remise du diplôme.

Suite à ça ? Elle s’accorde une année sabbatique ! Mine de rien, ce diplôme demande énormément d’effort, de travail, de recherche et d’implication personnelle. Bien que la couture soit sa passion, il y a des parties plus techniques et théoriques que lui donnent bien du fil à retordre.

Pauline est une bosseuse mais heureusement, la couture et le stylisme sont ses passions. D’ailleurs, elle n’est pas mécontente d’être dans l’antenne berlinoise d’ESMOD car elle l’avoue, c’est une des meilleures écoles.

En 3eme année d’ESMOD Berlin, il y a deux classes: une allemande et une internationale où Pauline et 14 autres élèves se préparent au diplôme.

Berlin attire aussi beaucoup d’étrangers. Bien qu’il s’agisse d’une petite promotion, il faut savoir qu’entrer à ESMOD n’est pas si dur mais le vrai problème est d’y rester!

Sur 80 élèves qui rentrent en première année, moins de la moitié finiront le cycle. “Ils y en a qui abandonnent même en 3eme année!” une chose qui la surprend car après tout le chemin, l’investissement et l’argent dépensé pour en arriver là, c’est bien dommage de ne pas tenir 6 mois de plus!

Comme Pauline, des étudiants venus d’autres pays finissent leur cursus à Berlin. Beaucoup d’asiatiques mine de rien “Ils sont très studieux!! Quand ils travaillent, ils sont très concentrés et appliqués. Lors de ma première année à Paris, le tiers de la classe était des étudiants d’origine asiatique. Ils sont minutieux et très précis. Mais beaucoup sont repartis, déçu de Paris.”

Il faut dire que Paris n’a pas toujours la cotte auprès des étudiants en mode. Paris attire mais les étudiants veulent voyager. Londres et l’Italie attirent aussi. D’ailleus Pauline à eu l’occasion de faire un stage dans la capitale britannique chez un designer, Ming Ping, fraîchement sorti de la très connue Central Saint Martins. Autant dire qu’elle a passé l’été de sa vie auprès de ce jeune designer avec qui elle a pu apprendre énormément.

Quand je demande à Pauline d’où lui vient cet engouement pour le stylisme, elle sourit: “en fait, quand j’étais petite, on m’a offert une machine à coudre Barbie, elle n’a pas tenu 2 mois mais ça m’a suffit pour m’intéresser à la couture !” Dans sa famille pourtant, personne n’a un pied dans le milieu de la mode mais à 13 ans, Pauline commençait déjà à créer des robes…

Au lycée, elle créait déjà quelques unes de ses robes. Alors aujourd’hui, quand elle doit créer 5 looks pour valider son diplôme modelisme et stylisme à ESMOD, elle a déjà un bagage derrière elle.

En février prochain, elle devra présenter devant un jury 2 looks déjà crée et les dessins des 3 prochains. Le dessin, ce n’est pas son truc. Elle reconnaît que pour 15 looks, elle peut dessiner jusqu’à 200 croquis… Cela fait partie de son diplôme, créer un livre de recherche remplis de croquis et d’idées qui lui traverse l’esprit.

D’ailleurs, son projet de 3eme année est celui du temps qui passe et le rapport avec la vieillesse. Son premier look a été inspiré des kimonos japonais. Elle m’explique que ce qui l’a inspiré est l’importance accordé aux personnages âgées dans la culture japonaise. Reprendre le style du kimono est un rappelle de ce rapport au temps qui passe et à la vieillesse.

Creation mode inspiration Kimono

Pauline favorise les couleurs “nude” et ses dégradés. Elle me montre sur son portable les photos de son travail qu’elle finalise à la maison. Elle me parle des autres projets sur lesquelles elle travaille en précisant des techniques spécifiques.

Elle a d’ailleurs crée une matière à base de peinture qui craquelle. Les professeurs incitent les élèves à la recherche, la créativité et à se dépasser, sortir de la zone de confort. Cette année, ils ne sont pas là pour créer une collection de prêt-à-porter mais bien à sortir de l’ordinaire.

Quand elle me parle de sa tenue en peinture qui craquelle, elle me raconte qu’on lui a demandé si c’était agréable à porter. Elle répond que non mais la professeur renchérit “On s’en fou ! C’est beau !”

Creation mode matière craquelée

Le style de Pauline est assez géométrique, selon ses mots. Quand je lui demande si c’est facile de se démarquer des autres étudiants, elle répond que chacun à son style et ça se voit dès les premiers coups de crayon.

Creation mode Pauline Esmod berlin

 Après cette année, elle se prend une pause pour réfléchir à son avenir et à ce qu’elle veut faire par la suite. Non pas que ça soit un milieu “bouché” mais c’est surtout difficile de percer. A l’issue d’un tel diplôme, il est possible toutefois d’entrer dans une maison de couture et faire du stylisme mais les places sont rares. Elle pense plutôt poursuivre ses études vers un master pour compléter ses compétences dans la mode.

Mais le kiff, ça serait de créer et vendre ses propres collections…

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