Stop Telling Women To Smile: une campagne qui interpelle le harcèlement de rue

Il y a deux ans, j’ai vu beaucoup d’articles sur le harcèlement de rue suite à la vidéo de Sofia Peeteers, l’étudiante révélant son quotidien de citadine à Bruxelles.

J’ai observé longuement les réactions, lu les articles mais tout cela me semblait loin.

J’ai grandit en bretagne, fait quelques années d’études à Rennes puis suis partie vivre en Angleterre. 3 ans plus tard, me voici à présent à Berlin. Et le harcèlement de rue, je ne connais pas.

Probablement une question de culture: A Londres comme à Berlin, on s’en fou des gens qui passent dans la rue.

Bien entendu, vous entendrez toujours des témoignages de personnes ayant reçu des commentaires désobligeants dans les villes où j’ai vécu mais de manière générale, ici, c’est super safe.

Pourtant, en me promenant dans le quartier de Neukölln (sud-est Berlin), je suis tombée sur des affiches dénonçant le harcèlement de rue.

“Stop Harassing Women in the Street”

Cette affiche, signée par le hashtag #StopTellingWomenToSmile, m’a particulièrement interpellé car on m’a souvent fait la réflexion en soirée “souris !”. Et cette remarque m’a toujours énervée.

Il n’y a rien de “mal” a interpeller une nana en boîte et lui dire de sourire mais au fond, si. Qu’est ce que ça peut te faire si je boude ? C’est pas parce que je suis plus jolie quand je souris que je vais être mignonne pour toi. Et puis même, juste, laisse moi bouder tranquille. (De quoi je me mêle ?!)

Surtout qu’à priori, si je ne souris pas, c’est que je me fais bien chier. Soit. La petite histoire de ma vie en boîte.

En postant ce poster sur Instagram, j’ai utilisé le bon hashtag: #STWTS

 Et j’ai découvert toute l’histoire derrière cette campagne…

 stop telling women to smile campagne

Stop Telling Women To Smile

Ces affiches sont en fait issues d’une campagne contre le harcèlement de rue lancée en 2012 aux USA par, Tatyana Fazlalizadeh,  une artiste basée à Brooklyn, New York. Elle a d’abord photographié des volontaires pour enfin les dessiner et accoler un slogan sous chaque portrait.

Ainsi, les posters se sont répandus à New York et de nombreuses autres villes des Etats-Unis par le biais de volontaire croyant à cette campagne et cherchant à se faire entendre contre le harcèlement de rue.

Depuis 2012 les slogans changent et évoluent. De plus, dans un pays où la communauté hispanique est la plus importante, on retrouve aussi ces affiches en espagnol.

En regardant les photos postées sur Instagram avec ce hashtag je me rends compte que le mouvement est seulement en train de se lancer en Europe. Quand j’ai parlé de ces affiches à mes copines, on s’est étonné “Ah bon, il y a de harcèlement de rue à Neukölln ?” Eh bien, peut-être, après tout…

stop telling women to smile campagne

(Tu peux garder tes commentaires sur mon corps pour toi même)

stop telling women to smile campagne

(Je ne suis pas ta propriété – tu n’as pas le contrôle de mon corps)

Ces affiches sont directement adressées aux personnes qui agissent de la sorte.

Vous pouvez aussi participer et demander à les recevoir pour les poster dans votre ville, organiser des meetings sur le harcèlement de rue ou encore des expositions. Bien que cela soit plus axé sur les Etats-Unis, je pense qu’une forte demande depuis l’Europe pourrait lui donner de nouvelles idées !

http://stoptellingwomentosmile.com/Get-Involved

Comme expliqué plus haut, je n’ai jamais vraiment connu le harcèlement de rue. On ne m’a jamais embêtée ou fait de réflexions.

Néanmoins, il y a une affiche qui m’a poussé à écrire cet article aujourd’hui.

stop telling women to smile campagne

Et même, si une fois de plus, on ne m’a jamais fait de réflexion sur mes tenues, je veux agir pour continuer à vivre dans un monde où ça ne m’arrivera jamais. Par ailleurs, je sais que ce n’est pas le cas partout, alors vraiment, je souhaite partager.

Ma tenue n’est pas une invitation.

 

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