[TV à la mode] House of DVF, la télé-réalité dans les bureaux de Diane Von Fürstenberg

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Il y a quelques années, j’ai entendu parler d’une nouvelle série-télé américaine axée sur la mode: il s’agit de « House of DVF« , DVF pour Diane Von Fürstenberg, une créatrice de mode belgo-américaine des plus puissantes aux USA.

Si son nom ne vous parle pas, ses créations vous parleront surement plus: la fameuse « wrap dress« , robe porte feuille, c’est elle. Elle en a fait son succès dès les années 70 grâce à son travail acharné et une heureuse rencontre avec Diana Vreeland, à l’époque, rédacteur en chef du magazine Vogue USA. Sa robe portefeuille fait un carton et reste aujourd’hui encore l’image de sa marque de luxe, devenue internationale.

DVF est aussi connue dans le domaine de la mode pour donner du pouvoir aux femmes, à travers son travail ou ses actions philanthropiques. Elle est depuis 2006, la présidente du Council of Fashion Designers of America, titre survenu l’année suivant le prix pour le succès de l’ensemble de son travail.

DVF c’est une grande dame qui fait beaucoup de chose et qui le fait bien ! En plus c’est une princesse. Enfin, c’était une princesse. En 1969, elle épouse un prince Allemand: Prince Egon of Fürstenberg qui lui donna ce titre royal. Seulement, suite à leur divorce, 3 ans plus tard, elle perd le titre mais garde le nom. Néanmoins, les candidates à l’émission n’ont pas oublié que Madame fut une princesse et n’hésite pas à le lui rappeler…

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House of DVF – Saison 1

Comme je l’ai dit plus haut, l’émission de 8 épisodes a commencé en novembre 2014 et depuis, une nouvelle saison s’est achevé il y a quelques mois. Je rattrape mon retard que maintenant tout simplement car je suis tombée sur une actualité à ce sujet.

Quand j’ai entendu parler de cette série, j’étais très excitée ! Je croyais qu’ils suivaient la créatrice dans ses locaux, suivre son travail, son investissement, découvrir les coulisses d’une maison de couture aux USA.

En regardant le premier épisode, je suis déçue dès les 5 premières minutes ! En fait, l’idée de l’émission est de suivre 8 nanas, candidates aux titres de « Brand Ambassador« . En gros: celle qui sera l’image de la marque à l’international pendant un an. Et là, tout d’un coup, l’idée de suivre une bad-ass du business de la mode se transforme en vulgaire télé-réalité de nanas aux dents longues prêtes à faire les chipies à l’écran pour avoir le job.

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En même temps, la série est diffusée sur E! Entertainment, la même chaine qui diffuse les Kardashians et l’atroce série sur les blogueuses mode australiennes dont je vous parlais l’année dernière.

Bon, je vous raconte quand même ce qui s’y passe…

 

  • La mode, avant tout !

Bien que la série soit axée sur ces 8 candidates choisies par les membres de l’équipe de DVF, elles doivent quand même faire des activités liées à la promotion de cette enseigne de mode. Mine de rien, on y voit plusieurs aspects que l’on imagine pas vraiment quand on parle de créateur de mode.

Dans le premier épisode, on assiste aux DVF awards, une cérémonie créée par la créatrice elle-même afin de récompenser les femmes de ce monde dans divers domaines. Des artistes sont présentes mais aussi des politiciennes et activistes. Cela dit, on se s’attarde pas trop sur ce point là. L’épisode met surtout en avant  les célébrités et les candidates qui galerent à tenir leur postes, surtout celles flanquées au buffet.

On découvre aussi les jeunes femmes créer un mood board, tableau rassemblant des idées et images sur une thématique, qui était « côte d’azur ». La plupart ne connaissait pas, ne serait-ce que le nom. Les autres n’ont juste pas saisi l’accent de DVF, qui, de part ses origines belges, parle français…

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Elles se retrouvent aussi à organiser un déjeuner d’affaire pour 12 personnes, devant choisir un lieu, la décoration en moins de 48h. Prise de chou assurée et devant le responsable des événements de DVF. Grande classe, les filles.

Dans le troisième épisode, elles assistent à la presse conférence de la collection Ressort: le fameux défilé où DVF a fait sensation en faisant défilé les mannequins avec les Google Glass, vous vous-rappelez ? Bref, les jeunes filles sont confrontées aux questions des rédacteurs de mode des magazines nationaux. Gros raté, aucune des candidates n’étaient prêtes… Dans les derniers épisodes, elles devront même convaincre une équipe d’acheteuse d’un très grand magasin de choisir une des deux robes qu’elles ont pensées et créées. Un rêve qui devient réalité pour la styliste de l’équipe dont la robe qu’elle a dessiné sera  vendue dans les 1900 boutiques de l’enseigne…

Enfin, elles assistent à un rendez-vous rencontre entre la créatrice et les clientes d’un très grand magasin New-Yorkais. L’idée ? Conseiller les potentielles clientes sur des tenues qui les flatteraient au mieux. DVF excelle dans cet art mais pas toutes les candidates… Elles auront d’autres types d’exercices de ce genre où elles devront conseiller des célébrités sur des tenues pour un événement chic dans les Hamptons.

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Le dernier épisode montre les trois dernières candidates aider l’équipe à organiser les backstages du défilé printemps été 2015. Gros défi, grosses responsabilités. C’était intéressant de voir les coulisses d’un tel évènement, très important pour une marque.

Sur ce point là, l’émission reste intéressante et se laisse regarder.

 

  • Candidates clichées

Dès la présentation des 10 candidates, on comprend qu’on a bien à faire un une télé-réalité américaine: SORTEZ LES CLICHÉS ! On y retrouve:

  • une mannequin qui assure qu’elle garde la ligne sans faire d’effort (« merci la génétique »)
  • Une jeune nana avec plein de tattoo et un passé un peu noir que tout le monde adore et qui sort du ghetto du Bronx.
  • une blogueuse mode avec des faux seins qui est incroyablement narcissique et égoïste.
  • une jeune femme qui a tout plaqué pour faire cette émission, surtout son mec et qui boit comme un trou.
  • une mormon, carrément !
  • Une jeune fille qui met tout son argent dans les fringues et qui parle français (rappellez-vous, DVF est d’origine belge…)
  • une minette avec des origines italiennes.
  • une nana qui nous arrive du fin fond des USA mais qui présente bien.
  • Deux stylistes.

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Bien qu’elles aient toutes leurs personnalités, DVF saura repérer le talent de chacune. Même s’il n’y a qu’une gagnante, deux candidates auront le plaisir de devenir vendeuse dans les boutiques de la marque. Un lot de consolation qui vaut la peine de tenter l’émission !

  • Querelles entre filles

C’est à ce moment là que ça me gonfle rapidement. Je m’attendais à une série sur le business de la mode, voir des personnes talentueuses et découvrir un monde de business women qui déchirent tout. Bon… j’ai oublié que je regardais une série de E! Entertainment.

Les nanas passent leur temps à se pouiller: dès la première soirée, au moment où elles se rencontrent, c’est la déferlante de critiques les unes envers les autres. Surtout de la part des nanas qui sont persuadées d’être LA parfaite candidate pour le job.

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Ça se pouille sur des histoires de faux seins, sur un chargeur de téléphone qu’on ne veut pas prêter… D’autant plus que dès les premieres heures, les 10 candidates apprennent que l’émission n’est que pour 8 jeunes femmes: deux devront partir avant la fin de la journée. Les pronostics sont ouverts et les critiquent pleuvent.

Leurs pouilleries sont incessantes mais se calment en fonction que l’émission avance. Les pestes sont vites dégagées ou remise en place par DVF.

DVF - Bitch quote

La candidate Mormon qui pleure même quand c’est les autres qui se font remettre en place, finira par en parler à ses parents via Skype: « Elles se battent pour des choses qui n’importent pas« . Oui, je suis bien d’accord. Sa mère lui conseillera de s’endurcir, à ce propos.

Dans le 4eme épisode, une scène me choque un peu. Une des stylistes, Brittany et l’américaine de base, Amanda, se chamaillent devant un des membres de l’équipe de DVF lors d’un meeting sur la préparation d’un événement. En fin de journée, après reflexion, Amanda décide d’appeler Britany pour s’excuser. Plutôt que d’enterer la hache de guerre, cette dernière l’a massacre encore plus en mode Blair Waldorf meets Jessica Jones. Insultes et menaces fusent en terminant sur un « Il y a deux ans, si tu m’avais rencontré je t’aurai mis mon point dans la gueule, tu as fait ressortir la connasse qui était en moi, s’en ai fini pour toi« . Amanda reste choquée de tant de mièvrerie et de ghettoïsme en sa concurrente. Le pire, une des deux sera la gagnante. Je vous laisse deviner qui…

Brittany Hampton - attitude

Plus tard dans la série, cette dernière aura une nouvelle altercation du genre, très agressive et menaçante envers une candidate un peu vexée du comportement de ses paires. Elle finira par se faire reprendre par les managers de l’équipe DVF puis par Diane, elle-même.

Pas très glamour pour l’ambassadrice d’une marque qui se veut mettre en avant le succès des femmes par les autres femmes…

  • Les membres de l’équipe DVF 

Je ne sais pas si c’est ainsi dans le monde du travail aux USA. Je ne sais pas si c’est particulier à l’industrie de la mode ou simplement pour faire de l’audience mais j’ai trouvé les membres de l’équipe DVF vraiment autoritaires voire tyranniques !

Dès le début de l’émission, ces dernières se présentent en rapport de force, « JE parle, vous m’écoutez. » et s’adressent aux candidates comme si c’était des enfants dont on en a déjà marre de baby-sitter. A plusieurs reprises, elles ont été assez sèches envers les candidates, leur rappelant leur position sans vraiment considérer ces dernières. Je trouve cela vexant et vraiment pas « woman empowering friendly » comme le souhaite DVF. Après tout, pourquoi avoir choisi ces candidates si c’est pour passer son temps à les remettre à leur place et les rabaisser ? Je n’aime pas cette attitude qui à mon sens, ne fait pas avancer le travail.

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Dans certains travaux qui leur est demandé de faire, peu d’explication sont données ce qui mènent à des situations embarrassantes. Forcement, ce sont les candidates qui se font réprimander comme des ados, les chamailleries n’aidant en rien. Les managers en profitent pour user de leur position pour rappeler la médiocrité des candidates.

Ce sadisme à l’écran est assez classique des émissions télé-réalité, du coup, je me demande si ce n’était pas un peu orchestré… En attendant de savoir la réponse, je reste sceptique.

House of DVF - Jessica Brittany

 

Ma conclusion

Dans l’ensemble, je reste très déçue de cette série qui est vraiment superficielle. Heureusement, je ne trouve pas que l’image de DVF soit affectée car on la voit vraiment travailler, ainsi que son équipe pour faire tourner la boite. On découvre aussi une facette de sa personnalité qui est très touchant et visiblement sincère. DVF le dira dans la presse, elle souhaitait un TV show qui soit honnête et sincère, sans script préparé à l’avance ni actrice parmi les candidates.

Cela dit, à la fin, on obtient quand même une émission pour faire de l’audience: fashion, luxe, larmes et crêpage de chignon parmi de magnifiques jeunes filles.

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Si je veux voir de vraies emissions sur la mode, il me reste toujours les reportages sur Arte et Netflix !

 

  • DVF Brand Ambassador: 1 an après.

Avant de finir la série, je me suis spoiler en faisant des recherches sur l’émission. Je n’ai pas pu m’empêcher de tomber sur le nom de la gagnante: Brittany Hampton.

J’ai été curieuse de voir la suite de ce programme, ce qu’est devenu la gagnante ! J’ai donc suivi son compte instagram où on l’a voit poser avec de beaux vêtements DVF dans des lieux magiques. Lors de cette année d’ambassadrice, elle a organisé des évènements, assisté à de nombreuses soirées et donné des interviews. Partout dans le monde, elle allait dans les boutiques DVF pour pitcher les vendeuses et tenter de donner envies aux jeunes femmes de s’intéresser à la marque. Elle a effectivement voyagé le monde mais assure que ce job était beaucoup plus dur qu’elle ne le pensait…

Brittany Hampton - DVF Brand Ambassador

Dans une interview après ses 1 an à ce poste, elle confie: « C’est vraiment beaucoup beaucoup de travail ! C’est vraiment difficile car il y a des jours, on a pas envie de se faire photographier. Dans ces moments là, tu dois te forcer à te lever, à t’habiller et être le meilleur de toi-même. » Elle reconnaît aussi avoir du mal a lâcher son poste aux candidates de la deuxième saison. Evidemment, elle fait partie des membres qui aideront DVF à faire son choix. Avec une telle expérience, peut-on rêver d’un meilleur mentor ?

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  1. Elli

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